« Le Monde » presents AXENIS as a talented start-up supported by Institut Pasteur. Interview with Mr Erwan Corcuff (CEO)

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LA COURSE AUX TALENTS
Parmi les start-up incubées à l’Institut, Axenis, fondée en 2010, fabrique, pour les besoins de la recherche, des souris humanisées, en s’appuyant sur les travaux de James DiSanto, un « pasteurien » de renommée mon- diale, spécialisé en immunologie. « Nous supprimons le système immunitaire de la souris, et nous réinjectons un système immunitaire humain », explique Erwan Corcuff. Ses modèles permettent d’étudier de façon beaucoup plus précise des virus comme le VIH, qui affectent différemment l’homme et l’animal. Axenis, qui a produit environ deux cents souris en 2015, a réalisé 500 000 euros de chiffre d’affaires. Elle devrait prochainement déménager à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), près de sa future usine.
    « J’ai failli renoncer à plusieurs reprises, mais j’ai été très soutenu ici», raconte Erwan Corcuff, qui a notamment bénéficié d’une for- mation à HEC. «La notoriété de l’Institut est aussi un avantage important. Cela facilite les discussions avec d’éventuels partenaires, et nous aide dans notre recherche de finance- ments. » En contrepartie, Pasteur détient 20 % du capital. A la clé, peut-être le jackpot : Cellectis, une autre start-up couvée par Pasteur et spécialisée dans l’ingénierie du génome, est aujourd’hui valorisée près de 600 millions d’euros en Bourse.
     Ce business model inédit l’aidera à tenir tête aux grandes organisations anglo- saxonnes dans la course aux talents. «Pasteur est en mesure d’offrir des packages très compétitifs aux jeunes chercheurs », insiste Thomas Bourgeron, qui mène des recher- ches sur les gènes impliqués dans l’autisme. Ce n’est pas seulement une question d’ar- gent. «Nous disposons ici d’une liberté rare. J’ai été chassé par des universités étrangères comme Oxford, mais l’interdisciplinarité que j’ai trouvée ici est précieuse », témoigne le généticien.
      « Je peux discuter autour d’un café avec des virologues, des bactériologues : cela fait naître des idées », abonde l’immunologue Gérard Eberl. Il participe ainsi à un programme baptisé « Microbe et cerveau », qui implique plusieurs équipes du campus. « Harvard, c’est fantastique… mais c’est gigantesque ! » Fort de ses 2 500 « pasteuriens », l’Institut s’invente un avenir à visage humain.

                                                                           chloé hecketsweiler